dimanche 17 février 2008

Anna Karénine de Tolstoï


Roman russe de Tolstoï qui raconte les destins croisés d'Anna Karénine et de Lévine, personnages principaux autour desquels gravitent l'aristocratie russe de la fin du XIXème s.
Anna, femme du diplomate Alexandre Alexandrovitch Karénine, tombe amoureuse de Vronski, un officier aux moeurs légères qui a éconduit la charmante Kitty pour vouer une passion sans bornes à l'héroïne. Leur liaison secrète éclatera au grand jour. Le mari finira par répudier sa femme sans pour autant divorcer, ce qui placera cette dernière au ban de la société. Maîtresse de Vronski, elle ne deviendra jamais sa femme et demeurera à l'écart de toute vie mondaine, jusqu'au suicide final.

De son côté, Lévine, aristocrate campagnard, repoussé par Kitty dont il était follement amoureux, se lancera dans la rédaction d'un essai sur l'économie rurale: la vie des paysans, leur intéressement au travail en vue d'une optimisation des rendements... Puis il regagnera l'amour de Kitty. Leur couple, heureux, apparaît en contre point à celui d'Anna et Vronski, libres de s'aimer mais contraints à l'isolement forcé pour Anna qui alimentera ses tourments et sa jalousie.

A la fin, Lévine, double de Tolstoï, s'interroge sur le sens de son existence et le rapport de l'homme à Dieu. Il connaîtra l'ultime révélation dans le fait d'être bon envers les autres.

Ces intrigues amoureuses sont tissées sur la trame de la société russe: vie mondaine, vie rurale, place et rôle de la femme, élections, conflits de pouvoir. Tolstoï nous livre un tableau de l'aristocratie russe de la fin du XIXème siècle qui ancre profondément le roman dans la réalité. Mais il ne le fait pas à la manière des écrivains réalistes français, comme l'explique André Maurois dans sa préface, avec force descriptions (Balzac) et subjectivité (Zola) ; lui s'efface complètement, sans juger cette femme "immorale" aux yeux de la société mais que ses doutes, sa soif d'amour, ses souffrances morales liées à un sentiment de culpabilité et de jalousie rendent complexe et passionnante.

Le roman se laisse dévorer car tout est action. Pas de longues descriptions ici; les personnages définissent le milieu dans lequel ils évoluent par leurs actions et leurs pensées. Le rythme est mené tambour battant; pas le temps de s'ennuyer. Des scènes comme celles de la chasse ou de la vie aux champs par exemple qui auraient pu me rebuter, m'ont au contraire beaucoup plu grâce au procédé de focalisation interne qui relaie la description et donne vie à ces passages. Et puis cette marque russe, malgré l'influence occidentale de l'auteur et des personnages s'exprimant parfois en français et en anglais, confère une saveur toute particulière au roman.

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